Comment être insensible et indifférent peut révéler un malaise profond

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Aujourd’hui, je vous parle… d’émotions, et plus particulièrement de se couper de ses émotions.

Mais avant toute chose, en cette période qui s’annonce particulièrement difficile, ou nous aurons besoin de soutien d’être entouré de façon virtuelle, je vous informe que j’ai créé tout récemment un Cercle Privé : le Cercle Privé des Adoptés. Ce Cercle a pour objectif de partager avec vous des découvertes, des histoires d’autres adoptés, des conseils, des joies et des peines. Mais c’est aussi un Cercle où il est prévu de se rassembler, virtuellement, afin d’échanger ensemble sur nos pensées, projets, problématiques du moment. Bien sûr, nous partagerons également nos moments de bonheur et nos avancées. En cette période spéciale, plus que tout, nous avons besoin de retrouver des personnes qui peuvent nous comprendre. Entre adoptés, forcément, nous nous comprenons et l’objectif de ce Cercle Privé est donc de pouvoir échanger en toute bienveillance, sans préjugés, entre nous.

N’hésitez pas à rejoindre ce Cercle dès maintenant. Pour cela, il suffit de vous pouvez vous inscrire en cliquant ici.

Pourquoi le thème “se couper de ses émotions” ?

Pendant de longues années, je me suis coupée de mes émotions.

Qu’est ce que cela signifie concrètement ? Et quelles répercutions négatives cette attitude a eu ? Je vous en parle dans cet épisode.

C’est un sujet qui me tient à coeur car pendant 20 ans, j’ai cru qu’en devenant insensible et en mettant de côté tout ce que je pourrai ressentir, alors je ne souffrirai pas. C’est maintenant que je réalise que c’est l’effet inverse qui s’est produit.

Mon déclencheur ou pourquoi j’ai décidé de ne plus jamais souffrir

Avec le recul, je pense que c’est la mort de mon père qui a déclenché cette réaction. Très proche de lui, le perdre à 18 ans m’a rendu encore plus introvertie que je ne l’étais déjà. Je me suis renfermée sur moi-même, je ne parlais plus, plus rien ne me touchait. J’ai aussi découvert que la mort pouvait toucher n’importe qui, n’importe quand. Alors j’ai décidé de ne plus m’attacher à rien, ça serait plus simple à vivre. Bien entendu, je ne l’ai pas vraiment décidé, je l’ai fait de façon inconsciente.

A ce moment-là, je me suis dit que pour ne plus avoir à subir de perte une nouvelle fois, une blessure très ancrée quand on a été adoptée et donc abandonnée, alors il suffisait que je ne ressente plus rien. Ce que je ne savais pas, c’est qu’évidemment, en tant qu’être humain, nous sommes faits pour ressentir les choses. Alors mes sentiments, émotions se sont enfouies au plus profond de moi. Toutes ces émotions refoulées ont générées beaucoup de stress, de tensions et de frustrations.

Ce que je n’avais pas compris non plus, c’est qu’en me coupant de mes émotions négatives, la peur, la tristesse, la colère, je me coupais également de mes émotions positives (comme la joie) !

Finalement se couper de ses émotions c’est se créer un bouclier de protection. On pense que c’est pour notre bien. Mais c’est l’inverse qui se produit !

Un bouclier de protection

Après un long cheminement, et par la force des choses, j’ai bien été obligée d’admettre qu’effectivement j’avais décidé de devenir insensible pour ne pas souffrir. Ainsi, je me protégeais de tout ce qui pouvait m’arriver de mal. Mais ce bouclier était tellement puissant, que je m’étais protégée aussi de ce qui pouvait m’arriver de bien.

Reconnaître cela fut le départ d’une nouvelle vie, plus positive. D’autres portes se sont ouvertes. Accueillir mes émotions, plutôt que de les refouler, a été un premier pas qui m’a permis de me sortir de mon introversion mais également de reconnaître cette peur permanente de perdre quelqu’un ou quelque chose.

Bien sûr, il m’arrive parfois de me couper de mes émotions de nouveau, de faire comme si de rien n’était, comme si je n’étais pas affectée, comme si je n’étais pas triste, en colère, ou que je n’avais pas peur. Mais alors, je sais reconnaître ce “jeu-là”, et je me pose la question : “En vrai, de quoi as-tu peur/pourquoi es-tu triste ?”. Et si la réponse est “ridicule” alors j’en rigole. Alors, je n’ai plus peur, ou la peur est devenue minime, plus “rationnelle”.

Aujourd’hui j’accepte d’être triste, de pleurer, de m’énerver mais aussi, et surtout, d’être heureuse, de profiter de l’instant présent et des bons moments ! Et cette nouvelle perspective est en train de changer ma vie ☀️


4 Replies to “Comment être insensible et indifférent peut révéler un malaise profond”

  1. Laura NICOLAS

    Merci pour ton partage sur ton histoire courageuse! Je rencontre un peu le même problème d’être coupée de mes émotions, non pas que j’ai été adoptée mais parce que j’ai été mise en pension de mes 4 ans à mes 17 ans et je pense que j’ai un peu tout bloqué vers 4 ans. Les meilleurs moyens que j’ai trouvés pour me reconnecter à mes émotions actuellement sont : la méditation, la sylvothérapie, la proximité de la nature, et le fait de m’occuper d’animaux!

    • Sandra

      Merci pour ton retour. C’est vrai qu’avoir été en pension n’a pas dû être simple, aussi jeune, j’imagine que tu peux également ressentir cette fameuse blessure de l’abandon. Je ne connais pas la sylvothérapie, je vais me renseigner à ce sujet car ça m’intrigue !

  2. eric

    Témoignage très touchant. Refuser ses émotions est en fin de compte une émotion, et j’aborde souvent se sujet dans mes articles. Traiter ses émotions est une étape essentielle pour pouvoir ressentir un ancrage spirituel avec notre vie et tu l’as parfaitement mis en avant dans ton article. Au plaisir de lire tes prochains articles.

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